LES ÉDITS DE 1776
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Tiers Etat quelques villes et quelques corporationsparticulières qui en ont. Mais le Tiers Etat en corps,c’est-à-dire le peuple, est bien loin d’avoir des pri-vilèges; il en a à l’inverse, puisque le fardeau qu’au-raient porté ceux qui sont exempts, retombe toujourssur ceux qui ne le sont pas. »
M. de Miromcnil lut les réponses que Turgotavait écrites en marge de ses observations, et, aprèsles avoir lues, il lui rendit tout le dossier avec cettelettre d’envoi :
« M. de Mirornénil fait mille compliments à M. Tur-got; il lui envoie le projet d’édit concernant les cor-vées et ses observations. Il lui renvoie aussi ce quiconcerne les banalités et il avoue qu’il est peu touchédes réponses à ses observations. »
Le roi en fut plus touché que le garde des sceauxne l’avait été et il permit que les édits approuvés parlui fussent envoyés au Parlement le 9 février 1770.Le temps qui s’était écoulé depuis la présentationdes édits au roi jusqu’au 9 février avait été employé,par ceux qui y étaient opposés, à organiser leuropposition. Les amis de Turgot, qui le savaient ets’en inquiétaient, étaient très pressés d’en finir.« Les bien intentionnés du Parlement, écrivait Tru-daine, qui sont en petit nombre, souhaitent qu’onmette de la fermeté, et, pour cela, il faut se hâter.Plus on retardera, plus la résistance aura le tempsde se préparer. »
Le Parlement enregistra l’édit sur la suppressionde la caisse de Poissy et nomma des commissaires