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Turgot / par Léon Say
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LE LIT DE JUSTICE

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une entrave à lexercice dun droit que lécole libéralea toujours revendiqué dans les temps modernes. Maisil faut bien reconnaître que Turgot, le jour il asupprimé les maîtrises et les jurandes, navait ni lapensée ni la prétention de légiférer sur le droit de réu-nion et dassociation. Il avait voulu simplement rame-ner les corporations au droit commun de leur temps,et le droit commun de lépoque, en France, ne com-portait ni le droit dassociation, ni le droit de réunion.

La recherche dune conciliation entre le droit pourles particuliers de se constituer en associations etle droit pour lÉtat de se protéger contre ce quona appelé un Etat dans lEtat, est un problème toutnouveau. Turgot navait pas à se préoccuper en177(1 dune question qui nétait pas née, et dailleurssi, prévoyant lavenir, il avait cherché à la résoudre,serait-il bien coupable de ny avoir pas réussi? Cestun problème qui, depuis cent ans, fait en France lapréoccupation la plus constante des hommes dEtatde tous les partis. Nous avons eu des gouvernementsfondés sur le principe de lautorité, et dautres, fondéssur le principe de la liberté. Les seconds nont pasdonné sur ce point aux idées libérales plus de satis-faction que les premiers ; et les lois sur la libertédassociation sont toujours à faire. Les droits desassociations et ceux de lÉtat ne cessent dêtreopposés les uns aux autres. La discussion est tou-jours ouverte, et lon nest pas. encore parvenu àtrouver la formule qui les garantisse respectivementsans asservir les citoyens, ou désarmer lÉtat.