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Turgot / par Léon Say
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TURGOT

stantcs pour arrêter les effets de la colère de la reine,qui n’a d’autre motif que celui des démarches queTurgot a cru devoir faire pour le rappel du comtede Guines. » Depuis le lit de justice, les ennemis deTurgot exultaient; ils savaient le roi fatigué, et per-sonne ne doutait plus de la chute du contrôleurgénéral. Le mot de Trudaine à la veille de l’envoides édits au Parlement se réalisait. « Soyez sûr,avait-il écrit à Turgot, qu’il n’y a pas un conseillerau Parlement qui ne regarde l’envoi des édits commela fin de votre ministère. Si ce malheur arrivait, jecrois que l’autorité du roi serait perdue pour toutson règne. »

Le parti Choiseul ne cachait plus sa joie. « Le Tur-got se dissout », disait Mme du Défiant dans une lettreà la duchesse de Choiseul, et quand elle apprit « la nou-velle du Turgot », comme elle dit, elle écrivit : « Qued’événements, que de surprises et, je puis ajouter,que de joie et de plaisir; ce qui m’en a fait le plus, jel’avoue, c’est le triomphe de M. de Guignes ». Laduchesse de Choiseul lui répondit : « J’ai été, commevous, transportée de joie du triomphe de M. de Gui-gnes; je trouve que la disgrâce des deux ministres,qui l’a accompagné, le fait ressembler aux triom-phateurs romains qui traînaient leurs esclaves àleur suite. » Le 1 er juin 1776, Galiani écrivait àMme d’Epinay : « Par l’arrivée du beau-frère del’ambassadeur j’avais appris le changement du minis-tère, et je n’avais appris rien déplus que ce que jesavais lorsqu’on créa contrôleur général M. Turgot.