DISGRACE DE TÜRGOT
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aucun regret, car ce ne sont pas des mémoires deM. Turgot établissant au roi ses principes d’admi-nistration, qui sont bien précieux à conserver. Ily a dit seulement sur la nécessité de maintenirl’autorité ce qui a été dit par tout le monde, et surl’application de ces principes, qui est le sujet deses longs mémoires, il ne disait que le caractère despersonnes, ce qui ne mérite pas d’être conservé.
« J’espère que les lettres mêmes, écrites au roi,seront ensevelies dans le plus profond oubli. Si lecontraire arrive, ce ne sera pas la faute de Turgot,ni de sa famille; mais ils ne doivent pas se repro-cher d’y avoir contribué par la conservation desminutes. J’exhorte même M. le marquis Turgot àrenoncer à les lire lui-même; je lui répète qu’il nefait en cela aucun sacrilice, et moi qui ne les ai luesque sept ou huit jours après en avoir été chargé,je voudrais à présent ne les avoir jamais lues, tantje crains que, si les secrets du ministre au roi sontun jour divulgués, on m’en accuse. J’ajoute que, cesecret étant celui du roi comme celui du ministre,c’est une marque de respect qu’on doit au roi, deles brûler si cela se peut, en présence de quelqu’unqui puisse le lui certifier. »
Les pièces que renfermait cette chemise sont évi-demment les minutes des lettres que Souiavie a vuesen 1793, et qui sont aujourd’hui perdues. Les minutesrenfermées dans la liasse dont l’enveloppe seule a étéretrouvée dans les archives de Lantheuil ont sansdoute été brûlées, comme le demandait Malesherbes.