Buch 
Turgot / par Léon Say
Entstehung
Seite
167
JPEG-Download
 

DISGRACE DE TÜRGOT

167

aucun regret, car ce ne sont pas des mémoires deM. Turgot établissant au roi ses principes dadmi-nistration, qui sont bien précieux à conserver. Ily a dit seulement sur la nécessité de maintenirlautorité ce qui a été dit par tout le monde, et surlapplication de ces principes, qui est le sujet deses longs mémoires, il ne disait que le caractère despersonnes, ce qui ne mérite pas dêtre conservé.

« Jespère que les lettres mêmes, écrites au roi,seront ensevelies dans le plus profond oubli. Si lecontraire arrive, ce ne sera pas la faute de Turgot,ni de sa famille; mais ils ne doivent pas se repro-cher dy avoir contribué par la conservation desminutes. Jexhorte même M. le marquis Turgot àrenoncer à les lire lui-même; je lui répète quil nefait en cela aucun sacrilice, et moi qui ne les ai luesque sept ou huit jours après en avoir été chargé,je voudrais à présent ne les avoir jamais lues, tantje crains que, si les secrets du ministre au roi sontun jour divulgués, on men accuse. Jajoute que, cesecret étant celui du roi comme celui du ministre,cest une marque de respect quon doit au roi, deles brûler si cela se peut, en présence de quelquunqui puisse le lui certifier. »

Les pièces que renfermait cette chemise sont évi-demment les minutes des lettres que Souiavie a vuesen 1793, et qui sont aujourdhui perdues. Les minutesrenfermées dans la liasse dont lenveloppe seule a étéretrouvée dans les archives de Lantheuil ont sansdoute été brûlées, comme le demandait Malesherbes.