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TÜRGOT
ma nation, où il y a beaucoup plus de lumière qu’onne le croit généralement chez vous, et où peut-êtreil est plus aisé que chez vous-même de ramener lepublic à des idées raisonnables. »
L’opinion qu’avait exprimée le docteur Price pas-sait alors pour une sorte d’axiome. Jusqu’à sa mortet au delà, Turgot a été considéré comme ayantéchoué faute d’avoir su se dominer et pour n’avoirpas su conquérir, en raison des aspérités de soncaractère, la bienveillance de ceux dont il avaitbesoin pour réussir.
Ce jugement, quoiqu’il ait été rendu pour ainsidire à l’unanimité par les contemporains de Turgot,doit être révisé par la génération issue de la Révo-lution, parce que les collaborateurs et les amis, lesadversaires et les ennemis du grand ministre, ontconfondu sa cause personnelle avec celle de ses doc-trines, et ne se sont pas aperçus que les fautes decaractère qu’on lui impute et qui ont amené sachute, ont été, quinze ans plus tard, une des princi-pales raisons du triomphe définitif de ses idées.
On sait aujourd’hui, pour avoir pratiqué pendantde longues années les gouvernements d’opinion, quele renversement d’un ministre sur une questionde principe a le plus souvent pour conséquencede créer un parti qui relève son programme et dedonner à ce parti la force de réaliser plus tard,quand les circonstances sont devenues plus favora-bles, les réformes qui avaient paru compromisespar la chute même du ministre.