RETRAITE DE TTJRGOT
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La démocratie, qui a fait la Révolution française,n’a certainement pas eu besoin de se rappeler Tur-got pour détruire les privilèges et pour passer sonniveau égalitaire sur la société française; mais ellea été, on ne saurait en disconvenir, influencée auplus haut degré par le souvenir de Turgot danstoutes les questions économiques et financières etsurtout le jour où elle a consacré le principe de laliberté du travail, qui contrariait les aspirations decertains de ses chefs et dont il paraissait à quelques-uns qu’on pouvait se passer sans renier son amourpour Légalité.
Après être sorti des affaires, Turgot se consacrapresque tout entier d’abord à l’Académie des inscrip-tions et belles-lettres, qu’il présida comme vice-directeur en 1777, et ensuite aux études littérairesqui l’avaient passionné dans sa jeunesse. II avaitbeaucoup d’amis, il aimait à les voir, quoiqu’ilsfussent les « larrons de son temps », comme il disaitaprès Bacon. Il recherchait avec avidité les livresde science qui paraissaient dans toute l'Europe. Ilfaisait de la haute géométrie avec l’abbé Bossut, dela chimie avec Lavoisier et de l’astronomie avecRochon. Condorcet le tenait au courant de tout cequi se passait à l’Académie des sciences.
Quand Franklin vint à Paris, à la fin de 1776, ille vit fréquemment; il s’entretint avec lui de la con-stitution des différents Etats américains. Il écrivitmême exprès pour lui un mémoire sur les impôtsde consommation. Il fit aussi passer un jour à Sar-