RÉACTION, TRIOMPHE DEFINITIF
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sans exception ni privilège, n’était autre chose quel’impôt foncier dont Turgot poursuivait l’étude aumoment où il a été congédié et qui devait fairel’objet de sa plus prochaine réforme. C’était aussidu Malesherbes, s’il est vrai que Maleshcrbes soitl’auteur du mémoire déposé aux Archives où il estdit, en parlant de la nécessité de soumettre les pri-vilégiés à l’impôt : « Cette vérité si évidente a étésentie par tous les administrateurs. Elle l’auraitété par la nation tout entière si la nation avait étéadmise à connaître et à discuter ses propres inté-rêts. » Calonne montrait à la nation la vérité toutenue, et par la convocation des notables il préparaitl’appel « à la nation tout entière pour discuter sespropres intérêts ». Mais si Calonne a eu les idéesde Turgot et l'habileté de Maurepas, s’il a réunitout à la fois les vertus qui sauvent et les vices quiplaisent, s’il a été de la cour sans être pour celamoins philosophe, moins économiste, moins hommed’Etat, pourquoi n’a-t-il pas réussi là où Turgot avaitéchoué? Et si on peut dire de lui qu’il a été le fidèleportrait du Turgot qu’on reproche au grand ministrede n’avoir pas été; s’il a eu ce qui manquait à sonillustre prédécesseur au dire de ceux qui blâmentdans Turgot son caractère trop ferme et sa hauteurtrop méprisante, pourquoi n’a-t-il pas mérité de rece-voir de la postérité tous les éloges qu’on accorde àTurgot augmentés de tous ceux qu’on lui refuse? Laraison en est facile à trouver : c’est que la Révolutionne pouvait pas être évitée par des compromis