CONCLUSION
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Leur objet véritable est l’accroissement des besoins,le goût du luxe, les progrès de la civilisation, lesdestinées de l’humanité.
Ceux qui regrettent les développements de lagrande industrie, regrettent que l’humanité ait desbesoins croissants. Ils voudraient l’arrêter dans cettevoie et condamnent les moyens que l’industrie em-ploie pour satisfaire à l’accroissement des besoins.
Mais n’est-il pas oiseux de chercher à refairel’espèce humaine, n’est-il pas utopique de croirequ’on peut refuser à l’humanité, parce qu’on lesjugerait inutiles ou dangereuses pour la moralité,les satisfactions qu’elle exige? De pareilles discus-sions n’ont guère de valeur pratique; elles n’em-pêchent pas l’humanité de marcher en obéissant àdes lois naturelles qu’on ne peut pas abroger dansune Chambre de députés. Les nouvelles écoles sontfaibles quand elles s’en prennent à la liberté dutravail, quand elles croient trouver dans la suppres-sion de la liberté un remède aux difficultés ouvriè-res de notre temps. Elles risquent à chaque instantde tomber dans les utopies de l’organisation du tra-vail, et il leur sera difficile d’y rallier l’esprit publicsous un régime de discussion et de liberté politique.Elles sont plus fortes quand elles ne demandent quele droit commun et la liberté. Mais de quelle libertés’agit-il? Ne faut-il pas prendre des précautionscontre l’oppression possible des individus par desassociations qui seraient libres de tout faire. Turgotne considérait pas comme un serviteur éclairé de la