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Tome premier.
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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. • 91

qui autresfois furent données en mariage à ung duc deBar avecques une fille de Flandres, et par ce moyenrecouvra lesdites seignouries à son proffit.

A ce bon duc Phelippe escheut la duchié de Brabant,de Lotrich et de Lembourg, par la mort du duc Phe-lippe, son nepveu 1 . Et de cette succession, je parlerayen mon second volume 2 , en monstrant vostre droit,la genealogie et la cause de ladicte succession venue àvoz ancesseurs et à vous. Pareillement, vint audit ducPhelippe par vraye succession les contez de Haynault,de Hollande, de Zellande et [la signeurie de] Frise,et tout vostre droit je declaireray. Mais cette succes-sion de Haynault, de Hollande, de Zellande et de Frise,combien que ce fut le droit heritaige de vostre ayeulle duc Phelippe, sy ne le eut il pas sans concqueste.Car madame Jaque de Bavière, qui succéda à toutes -les contez et seignouries dessusdictes, fut femme desa voulenté joyeuse et de grande emprinse, et toutes-fois saige et subtile pour sa voulenté conduire selonson désir ; et combien que ce bon duc Phelippe futson plus prochain parent, fut par mauvais conseil, parvolentéou aultrement, tousjours querut et pourchassa 3alliances dommageuses, contre le désir du duc, et, ten-dant de mettre celle seignourie en aultre main, se tiraen Angleterre, querant de soy allier par mariage 4 auduc de Clocestre, frere du Roy Henry le Concquerrant,qui tant fist de grans choses en France. Sy vint ledictduc de Clocestre jusques en Haynault, et amena les

1. Lisez : cousin-germain.

2. « En mes mémoires. »

3. « Querant et pourchaceant. »

4. Conf. Monstrelet, t. IV, p. 143, 206.