94 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
et le vray heritaige de voz ancestres et de vous. Etmorut le conte Guillaume de Hollande, Roy des Rom-mains, à celle concqueste, et pluseurs aultres princes ;et souvent a esté ce royaulme concquis ; mais le paysn’a nulz forts et est pays d’eaues et de mareseages etfossez, le peuple puissant, et d’un secq esté est leroyaume legier à concquerre ; mais quant hyver vient,les concquereurs ne se savent où tenir, ne retraire,par quoy lcgierement la concqueste est reperdue, etde ce je parleray cy après en furnissant mon emprinsepoint après aultre.
Le bon duc Phelippe se trouva par ung jour enguerre contre le Roy de France et contre l’Empereur,cuidant avoir droit en mort fief des duchiés de Bra-bant, de Lotrich et de Lembourg, et des contez de _Haynin, de Hollande et de Zellande. Et pour ce deffial’Empereur Sigismond ledit duc, et le Roy d’Angleterreluy manda que, quelque alliance il eust avec luy, il nepovoit habandonner son frere 1 , le duc de Glocestre,luy signifiant qu’il renonchoit à ladicte alliance et ledeffioit. Mais ensievant le nom à luy donné de Phe-lippe l’Asseuré, il n’en fist ne plus ne moins ; mais parbon conseil il pourveut sy bien à toutes choses qu’ildemoura possesseur de ses successions, et lesqueles,par l’ayde de Dieu, encores vous tenez et en estes sei-gneur.
Et ne devez pas oublier en vos prières et oroisonsceulx de qui vous avez ces grans biens et ces seignou-ries, qu’ilz [vous] ont acquises et maintenues par granttraveil et peine de leurs entendemens et de leurs
1. Denis Sauvage fait ici remarquer qu’il faut lire « son oncle. »