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MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
Luxembourg, pour et ou nom de la ducesse heritieredu pays, sa belle tante, et comme mainbour d’elle, etdepuis en demoura duc proprietaire par droit d’achat,comme je donray à entendre en mon second volume 1 .Et, pour conclusion de ses nobles fais, Loys, daulphinde Viennois, filz du Roy Charles VII e de ce nom, sesentant en doubte du Roy de France, son pere, pouraucunes ymaginations, se party de son pays du Daul-phiné 2 et vint devers le duc Phelippe pour estre sous-tenu et recueilly d’icelluy duc Phelippe, non pas contrele Roy, son pere, mais contre les hayneux qui gouvep-noyent le Roy et le royaume à son regret, et premiè-rement, donnant à entendre que, s’il n’estoit aydié,porté et soustenu en ceste vostre maison, il passeroiten Angleterre, et s’alieroit aux anchiens ennemis duroyaume de France pour préserver sa personne, dontil estoit en singulière doubte. Le bon duc, cognoissantque c’estoit l’heritier de France et son seigneur appa-rant, de nativité, de nom et de plusieurs seignouries,le rechupt en ses pays et luy departy de ses bienslargement [et tant] qu’il tint bel et grant estât, et aussymadame la daulphine, fille du duc Loys de Savoie, ettindrent leur résidence à Genappe-Romant, pays deBrabant, où ilz eurent de beaux enffans. Et ainsydemourerent aux despens soustenus de ce bon ducl’espace de quatre ans ; dont le duc fut en grant dan-gier d’entrer en guerre contre le Roy Charles, peredudit daulphin ; mais tout se passa par remonstrancesde notables ambassades envoyées d’une part et d’aultre,
1. Lisez: premier. — «En mes mémoires. # (Édit, précédentes.)
2. V. infra, liv. I, ch. xxxin et xxxtv.