130 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
le duc poursievyt les ennemis ou pays de Franchimont,où luy et son armée eurent de grans froidures et souf-fertes 1 . Mais il brulla tout le pays qui toutesfoix estterre de montaignes, vallées etboix. Et sont les hommesfors et robustes, villains et gens dangereux à conc-querre. Après celle concqueste, le duc retourna enson pays de Brabant et de Flandres, et demoura assezbonne espace sans guerre. Et en ce temps le RoyEdouart d’Angleterre, son beau frere, fut dechasséd’Angleterre et se retira en Hollande, où le duc lerecueilly et l’ayda telement qu’il retourna en sonroyaume où il vescut et régna depuis en grant pros-périté et honneur.
En ce temps le Roy de France, qui tousjours queroitsoubtiz moyens pour surprendre le duc, practiquatelement que la ville de Saint Quentin et la cytéd’Amiens se rebellèrent contre luy. Mais le duc Charleshastivement se mist sus et aux champs, et mist sapuissance devant Amiens du costé de Saint Acheu, etbâtit la ville d’artillerie à pouldre, et là présenta labataille, et toutesfoix estoient en ladicte cyté le conteLoys de Saint Pol, connestable de France, et xim c lancesdes ordonnances de France, où furent faictes par plu-sieurs fois pluiseurs appertises d’armes tant ou mestierde la guerre comme en fait d’armes corps à corps, etdont je parleray plus à plain en mon IIP volume 2 . Et
1. t Souffrettes. » V. infra, Mémoires, liv. II, ch. vi.
2. « ... la bataille, où furent plusieurs fois faictes plusieursappertises d’armes, tant au mestier do la guerre comme en faictd’armes de corps à corps, dont je parleray plus amplement au secondlivre de mes mémoires. Dedans la ville estoyent lo comte Louisde Sainct Pol, connestable de France, et quatorzo cens lances desordonnances de France. >