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Tome premier.
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134 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.

desiroit sur toutes choses, et s’aresta devant Bohainsans y mettre siégé. Et venoit desjà à l’arriere saison,et là se praticqua une treve assez courte, et de laqueletreve fut pratiquié la treve de ix ans entre le Roy deFrance et le duc Charles, vostre grant pere 1 . Laqueletreve fut solempnelement jurée et prinse pour eulx,leurs pays et leurs hoirs, et nommeement monseigneurCharles de France, à présent Roy de France, lors daul-phin, et mademoiselle Marie de Bourgoingne, fille duduc, qui depuis fut seule heritiere de la maison de Bour-goingne, ducesse d’Austrice, et vostre mere, qui gardason serment en ceste partie. Dieu en est le juge, à qui leschoses occultes ne peulent estre mucées, ne absconses.

Après le retour de la chevaucée que fist le ducCharles, vostre grant pere, en Normendie, il assistses garnisons du long de la costiere de France et ren-tra en son pays de Haynin. Et vint à Yallenciennes enmoult grant triumphe, et là avoit fait préparer pourtenir la feste de l’ordre de la Thoison d’or où il fistdeux augmentacions. [Pour] la première, il fist chamb-gier les robbes et manteaux des chevaliers de l’ordre,qui estoient d’escarlate vermeilz, à velours cramoisy.Et si ordonna, pour le m° jour, vespres et messe ounom de la Vierge Marie, et que les chevaliers seroientaudit service vestus de robbes de drap damas blanc,[ce qui fit moult bel à veoir 2 ]. Et après celle solempnité

1. Olivier de la Marche appelait l’aïeul grand père , le bisaïeulave, le trisaïeul bisaïeul, et ainsi de suite. Cette façon de compterles degrés pouvant dans certains cas dérouter le lecteur, on a prissoin, au cours de cette introduction, d’indiquer le plus souvent ennote les changements qu’il fallait fairo pour se conformer à laterminologie courante.

2. « Ce qu’il fit moult bel veoir. » (Ms. n° 2868.) Sur la fête de