268 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
Wavrin 1 , Guillaume Rolin, Anthoine de Sainct Simon,et plusieurs aultres. Et fut la jouste bien joustée, etcertes les pompes et parures de lors n’estoient pastelles que celles de présent ; car les princes joustoienten parures de drap de laine, de bougran [et] de toille,garniz et ajolivez d’or clicquant, ou de peincture seul-ement,*et si n’en laissoicnt point à rompre grosseslances, et d’endurer la rudesse de la jouste et desarmes, comme font aujourd’huy les plus jolys. Et futdonné le bruit et le prix de la feste, tant dedanscomme dehors, au seigneur de Wavrin, et à ung jeuneescuyer du païs de Hainault, de l’hostel du duc deBourgoingne, mignon dudit heritier de Cleves, nomméJaquet de Lalain 2 , lequel a depuis tant cuilly et mons-tré de vertuz, d’honneur et de vaillance, que cy aprèsje auray assez affaire à besongner pour declairer etpour escripre le exercite chevaleureuse de sa vie.
En celle saison le conte de Fribourg, pour lors gou-verneur et mareschal de Bourgoingne, pour ce qu’ilestoit jà viel et travaillé de gouttes, se tira à Dijondevers le duc, et remonstra son impotence, et qu’il nepovoit porter le faiz et le travail de la guerre, sup-pliant que l’on le voulsist depporter et dechargier deson office, et y pourveoir d’homme pour exercer la
gogne de prince du prénom de Louis. Il s’agit bien certainementde Charles, comte de Nevers depuis 1415, fils de Philippe II deBourgogne, aussi comte de Nevers, tué à Azincourt, et de Bonned’Artois.
1. Philippe, seigneur de Wavrin et de Saint-Venant, « moultet vaillant jousteur, » dit le Livre des faits de Jacques de Lalaing.
2. V. le Livre des faits de Jacques de Lalaing, ch. vin, dans lesŒuvres de Georges Chastellain, édit. Kervyn de Lettenhove,t. VIII, p. 35.