MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE. 329
duc le receut par moult bonne façon, et se retrait leditde Vauldrey à son pavillon; et ne demoura guieres queledit de Vauldrey fit délivrer au mareschal de Bour-goingne les deux paires de bastons dont les armes sedévoient combatre; et furent deux haches et deuxespées, et chascune paire semblable. Le mareschal lesprésenta au juge, et puis les présenta à Jehan de Com-pais, pour choisir desquelz des deux bastons il vouloitfournir l’emprise de sa bataille ; et pour le choix avoir 1de retenir baston pour luy, ledit de Compais choi-sist la bataille des espées et en retint l’une ; et l’aultre,ensemble les deux haches, rendit au mareschal. Sifurent les bastons reportez, et I’espée d’armes bailléeà ceux qui servoient ledit Ànthoine, et tandis sefirent les crys et les deffences accoustumées ; et sur cese retraïct chascun de la lice, excepté les huict hommesd’armes, gardes et escoutes, pour deppartir les cham-pions, ensemble ceulx qui avoient autrefois combatuen lices ou champ clos, et ceulx qui avoient licence oucommandement du duc ou de son mareschal. Et ce faict,saillirent les champions hors de leurs pavillons; et,à mon souvenir, me semble que Anthoine de Vauldreypartit, ou que je le veiz le premier. Il avoit la visierede son bassinet levée, et fit une grande croix de sabannerolle ; et le seigneur de Gharny luy bailla sonespée, laquelle ledit Anthoine print et empoigna àdeux mains, la main senestre renversée et couvertede la rondelle; et ainsi marcha ledit de Vauldrey.D’aultre part partit de son pavillon Jehan de Compais,armé comme en tel caz appertient 2 , sa cotte d’armes
1. « Et pource qu’il avoit le choix, »
2. « Gomme il appartient. »
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