Band 
Tome quatrième.
Seite
LXXXII
JPEG-Download
 

lxxxij NOTICE BIOGRAPHIQUE.

île Thielt, avait osé élever ses prétentions jusqu’h M llü deBoussut, qui avait refusé Charles de Poitiers, de la maisondes comtes de Yalentinois; un autre avait obtenu la maind’Anne de Baeust, qui épousa quelques années plus tard,en secondes noces, le bâtard Philippe de Brabant. Bref, sonorgueil ne connut bientôt nul obstacle, et lorsqu’elle s’aper-çut de l’irritation du comte do Charolais, qui cherchait àl’exclure de la maison de sa femme, au moment môme où lamaladie de Philippe le Bon menaçait la Bourgogne d’unchangement de règne, elle ne craignit pas de soulever lacolère de son mari contre le fils môme et l’héritier de sonsouverain.

Ce n’est pas ici lo lieu de raconter le complot formé parJean Coustain pour empoisonner et « maléflcior » Charles leTéméraire, de concert avec Jean do Vy. Cliastellain a laisséde cet odieux épisode et du brusque châtiment des traîtresun récit inimitable qui est resté dans la mémoire de tous leshistoriens de la maison de Bourgogne 1 2 . Coustain ne ful-il pas,dans cette circonstance, l’agent secret de la haine perfide deLouis XI, don t il avait reçu, comme on sait, la charge de capi-taine du château de Vincennes, ot près duquel son compliceGilles Courbet trouva un asile, ne lo fut-il pas plus encore quel’instrument, d’ailleurs très conscient, des vengeances de safemme? Un passage de Gilles de Roye le laisserait presqueentendre, malgré son obscurité*. Quoi qu’il en soit, IsabeauMachefoing possédait un tel crédit sur l’âme de Philippe leBon que, peu de jours après le supplice de son mari, exécutéà Rupelmonde, le 24 juillet 1402, elle obtint du duc, «. tou-jours courtois aux dames, » la restitution de son avoir per-sonnel, qui menaçait d’être compris dans la confiscation desbiens du supplicié. Philippe le Bon ajouta môme qu’il ferait

1 . Cliastellain, liv. VI, ch. i.xxvu ot suiv. V. misai Jaoquos duClnrcq, IV, A1 ; Godefroy, Historiens de Charles VII , p, 357.

2. (Mi. de Itogu, p. 95.