xciv NOTICE BIOGRAPHIQUE.
entendement, » une finesse niélangéo do candeur, une tou-chante mélancolie, que gâtent malheureusement parfois tropd’uniformité, des allégories trop recherchées, des images tropfroides et des tours un peu forcés, sauf dans ses poésies enfan-tines, qui sont naïves et simples.
Le siècle l’exigeait-il ainsi? On serait tenté de le croire,à n’en juger que par le diffus et pâteux Chastellain, siquelques ravissantes ballades de Charles d’Orléans n'attes-taient le contraire. Comme on est loin même de celles deFroissart !
Mais nous ne voulons parler que du narrateur. Ici sasupériorité éclate : il est original, il est vivant, il est aisé, ilest historien. Qu’on daigne nous entendre : si l’histoire estune pure critique, comme la comprenait Tillemont parexemple, une simple chronologie, un enchaînement correctet méthodique des dates et des faits, si l’on attend d’elle unerigoureuse exactitude, non, Olivier de la Marche, dont lamémoire n’est pas toujours fidèle et qui, mêlant, transposantles événements, se trompe trop souvent sur les lieux ou lesannées, n’est pas un historien. Il ne l’est pas encore, si l’his-toire, telle que la pressentait Commines, est une sciencepolitique, qui doit s’élever aux causes premières, ou, telleque la concevait Gibbon au dernier siècle, un thème de phi-losophie, une sorte de métaphysiquo de l’humanité. Mais sion ne lui demande qu’une enquête curieuse sur les mœursd’une race ou d’une époque et la vive représentation des faits,si l’on so contente do voir défiler le cortège des acteurs encostume et d’assister h leur jeu sur la scène sans les suivredans la coulisse, en se réservant de tirer soi-même la mora-lité delà pièce, l’écuyer bourguignon est, presque autant quele chanoine de Chimay, un véritable peintre d’histoire. Il ena souvent, sans les chercher, la maestria , le dessin, le colo-ris. C’est un ymaigier des dernières années de la chevalerie.
Il est vrai que celle-ci l’absorbe, qu’en décrivant par lemenu les prouesses et les tournois de ses contemporains, en