140 MÉMOIRES d’OLIVIKU DE LA MARCHE.
gneur d’Argpel pour le plus avoir rompu de lancliesà ladiete jouste.
Ladicte jouste fuicle, mondil seigneur s’en ala desar-mer entrement que on dettist la toille et dcspeça toutle champ. Si s’en ala chascun armer pour le tournoy,meismes mondit seigneur le duc, et habillier chascundes xxiiii devant nommez en la jouste de l’arbre d’orde demies houssures de violet, aulcuns de velours,aultres de damas ou satin, tous semez d’arbres d’or,car les chapictres esloient telz qu’aprez ayant jouste ilzdevoient compagnier le chevalier entrepreneur audittournoy. Ainsy environ l’eure de six heures et demie|vindrenl| xxiiii nobles hommes de dehors, desquelzestoit capitainne messire Charles de Chalon, conte deJoingny, lesquelz se rengierent sur le champ, commepour bataille, et leur- lurent présentées chascun lanceressamblant à fers esmolus. Et avoient, chascun espéerabatue sans pointe, lesquelles ilz présentèrent auxjuges poureschiever ' violence, et puis les reprindrent.Et tantost aprez vindrent les xxiiii de l’arbre d’or vuy-dans hors de la porte dont v tousjours le cham-pion et se rengierent pareillement que les aultres,envoierent leurs espéeset prindrenl leurs lances. Ainsiregardoienl l’un l’autre, et monseigneur le bastart lesregardoit en sa dicte littiere.
Et en tant qu’il touche de la venue de mondit seigneurle duc sur les rens pour ce tournoy, il estoit de sa per-sonne habillic comme les aultres, mais aprez lui il avoitX paiges et ung destrier qu’on menoit en main ; les-quelz paiges, varlet de piet et palefreniers estoient ves-
1. Éviter.