102 MÉMOIRES D’OLIVIER DE LA MARCHE.
mer pour devise et non aultremenl. Le ltoy Régnierde Cecille esleva une confrairie de chevalliers et d’es-cuyers qui portoienl le croissant souhz l’esselle, leschevalliers d’or et les escuiers d’argent, et y avoitescript : Croissant en loz; et combien que les enseignesfurent belles et portées à gens de bien, toutteslbis ccn’estoit point ordre, car il n’y avoit ne nombre nechapitres, et n’en fut jamais la festc tenue ne célébrée;pourquoy je dis et conclu/ en cesle partie que ce neiust point ordre, mais la nommerons confrairie oudevise, qui certes fut belle et de grand monstre.Charles, duc d’Orléans, porta en devise le quamail oùil pendoit ung porc epic, et fut porté par beaucoup degens de bien, chevalliers et escuyers ; mais il n’cultjamais nombre ne chapitres, et pour cc je diz que cen’estoit que une devise eL non pas ordre. Les ducs deBretaigne et mesmement le duc François ont sembla-blement porté ung collier où pendoit une hermine quemoult de gens de bien ont porté, chevalliers et escuyers ;mais ce ne fut pas ordre, que devise seullement,pour les raisons que j’ay escript cy dessus. Les duezde Savoye portent ung ordre d’ung lachz d’amours, etle puis nommer ordre, car il y a nombre et chapitres;et est et a esté ceste ordre portée par mains bons che-valliers. Mais, au regard de Cippre, de Cecille ou d’Ar-ragon, se ne sont point ordre, mais devises seullc-ment. Le Roy Loys de France et le Roy Charles, sontilz, et le Roy Loys à présent ont eslevé ung ordre oudevise qui s’appelle l’ordre Sainct Michiel ; mais jus-qu’à présent il n’y a point de nombre prelix, sinonque plusieurs notables chevalliers portent icelle ordre;mais de moy et de mon entendement je ne la puis