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monde de leurs conquêtes, se rencontrent aujourd’hui et semblentprès de se heurter au pied de l’Himalaya. Les lignes de l’édificesont simples et l’aspect en est imposant ; aussi l’objet de cette disser-tation n’est-il point de critiquer l'architecte ni de proposer un autreplan. Je voudrais seulement préparer le lecteur à la sérieuse lecturequ’il va faire, en lui présentant l’histoire générale de l’Europe,non plus dans des divisions géographiques, mais dans ses pério-des chronologiques. Pour cela, je ferai plus d’un emprunt, maisaussi plus d’une addition au livre de M. Freeman, sans l’accuserd’ailleurs d’avoir rien omis : il n’a entendu faire qu’une synthèsede géographie historique, et je vais essayer de dessiner sur lacarte de notre continent la marche tantôt simple et tantôt com-pliquée du courant de l'histoire.
I
l'antiquité
I. Caractères généraux de cette période. — 11 ne suffit pointque des peuples vivent pour qu'ils aient une histoire : il fautqu’ils aient une vie active et féconde. Tous les peuples historiquesont trouvé les règles d'un état social et d’un gouvernement. Tousont cherché une solution aux problèmes que l’esprit humain s’estposés dès le premier jour et qui l’occuperont jusqu’à la fin dessiècles, si les siècles doivent finir : ils se sont donné une religionet une morale. Tous ont travaillé à mettre la nature au servicede l’homme, pour rendre la vie plus heureuse ou plus belle : ilsont inventé ou perfectionné l’industrie et l’art. Tous ont eu l’am-bition d’agir sur les autres peuples et de les faire servir aux finsqu’ils se proposaient : ils ont été commerçants ou conquérants,ou les deux à la fois. Aujourd’hui, plusieurs peuples réunissentles conditions nécessaires pour mériter la qualité d’êtres histo-riques; les efforts de chacun d’eux et la concurrence qu’ils sefont constituent l’histoire. Mais, plus on s’éloigne des temps mo-dernes, en remontant le passé, plus rares sont les êtres histo-riques : il n’y en eut d'abord qu’un seul, les Grecs ; un seul après