Buch 
Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
Entstehung
Seite
VIII
JPEG-Download
 

yiu

PREFACE.

Espagne, tracent cet immense demi-cercle qui enveloppe par lesud lancien orbis romanus. Resserré sur lui-même, lEmpire, quise dit universel, commence à prendre le caractère déterminé dunÉtat oriental. Les immigrations de barbares, venus par le Nord,compliquent lethnographie de la péninsule des Balkans, prépa-rant ainsi les éléments de linsoluble question dOrient. Les Slavesse répandent au Nord et au Nord-Ouest : alors naissent la Servie,la Croatie, la Carinthie. LIstrie et la Dalmatie sont tout impré-gnées de Slaves, et les Slaves encore pénètrent par infiltrationsdans la Macédoine et dans la Grèce. Un peuple touranien, maisbientôt assimilé aux Slaves, les Bulgares, passe le Danube etsétend bien au delà de Mérous. Dès lors, tout espoir est perdude restaurer lEmpire universel. Des peuples nouveaux enceignentde toutes parts et pénètrent jusquau cœur lÉtat du paoiAejç. Ilne reste à lEmpire byzantin quune tâche modeste : il doitsefforcer de vivre, et cest merveille quil ait si longtemps vécu.

III. Les barbares en Occident et lÉglise. Pendant quelOrient gardait ainsi les formes du passé, les Germains boulever-saient lOccident. Les relations de ces barbares avec lEmpire com-mencent au jour même les Germains entrent en relations avecRome, dans cette attitude de mendiants armés que prennent lesCimbres et les Teutons, demandant des terres, et offrant enéchange le service de leurs armes. LEmpire, après avoir défenducontre eux ses frontières du Rhin et du Danube, les a laisséesfléchir. Des individus en foule, des groupes de plus en plus consi-dérables, enfin des peuples entiers sont venus sétablir sur lesterres romaines. Au v" siècle, pour ne point parler des Vandales,qui fondront sous le soleil dAfrique, les Wisigoths, les Burgondeset les Francs se partagent à peu près toute la Gaule, et les Ostro-goths, depuis 495, sont maîtres de lItalie. Ni les uns ni les autresne sont des destructeurs. Chacun de ces peuples, répandu surde vastes provinces, en minorité au milieu dune population touteromaine, cherche une façon de saccorder et de vivre avec elle; ily met une intelligence suffisante et beaucoup de bonne volonté.Mais il ne peut ni dépouiller ses mœurs anciennes, ni revêtirles mœurs romaines. Le gouvernement des rois barbares est unemonarchie étrange, moitié romaine et moitié germanique, absolueen principe, mais tempérée par des révoltes et des assassinats.Le respect persistant de lEmpire gêne les Ostrogoths établis sur