PRÉFACE.
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demeurait rivée à l’ancien Empire : l’évêque de Rome était le sujetdu fSaaiAeü;, et de Constantinople lui venaient des affronts, deshumiliations, même des dangers pour la foi. Entre les Grecs et lesLombards, qui se disputent la Péninsule, le pontife poursuit sonœuvre avec patience, et plus précaire est sa vie présente, plusmagnifique est son ambition pour l’avenir. Déjà il se transformepeu à peu en un souverain réel de Rome. Il rêve une dominationen Italie. Il a commencé à établir sur l’Occident son autorité spiri-tuelle. Attentif aux événements, il suit les progrès d’une nou-velle puissance franque qui s’élève; car lui aussi, il est en quêted’un peuple qui se charge de l’œuvre de Dieu.
La nouvelle puissance franque était fondée par la famille des Caro-lingiens, qui possédaitde grands biens dans l’ancien pays desFrancsentre Moselle et Rhin, et qui avait par conséquent une grandeclientèle. Il eût pu se faire qu’elle se contentât de former là unduché nouveau, comme ceux de Bavière ou d’Aquitaine ; mais elleavait acquis, en même temps que des biens, des honneurs publics.Elle possédait héréditairement la mairie du palais qui l’attachaitau service de la famille mérovingienne. La tentation lui vint dese substituer à elle ; mais avant de prendre la royauté, elle com-mença par la relever. Charles Martel refit la conquête de la Gauleet barra la route aux Arabes; il refit la conquête de la Germanie,et la poussa plus loin que n’avaient fait les Mérovingiens. L’Eglisereconnut à ces belles actions le bras dont elle avait besoin.Encore une fois, la grande force intellectuelle et morale s’unità cette grande force matérielle. L’évêque de Reims avait baptiséClovis : le pape sacra Pépin roi, et couronna Charlemagne em-pereur. Certes, cette force nouvelle d’un second ban des Francsse serait produite dans le monde sans la bénédiction de l’Église,et les Francs de Charlemagne, comme ceux de Clovis, eussent été,sans le concours du pape, des victorieux et des conquérants;mais l’Église disciplina cette force, la guida, lui expliqua sa raisond’être.
VI. Les deux empires et les Arabes en l’an 800. — L’an-eienne Rome s’était donné la mission de conquérir le monde poul-ie soumettre à ses lois : Charlemagne reçut de l’Église la missionde conquérir le monde, pour le gouverner selon la foi. Son empirecomprit d’anciens pays chrétiens qui avaient obéi à Rome : toutela Gaule, puis le pays entre les Pyrénées et l’Êbre, enlevé aux