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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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XVIII
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XVI11

PRÉFACE.

des Turcs sur le Danube. Voilà pour un long temps la questiondOrient réglée : Slaves, Bulgares, Albanais, Roumains, Hellènes,sendorment sous la domination du cimeterre et du croissant.

V. Ruine et reconstitution de lEmpire en Occident.Cependant lEurope occidentale achevait son grand travail detransformation. A la fin du xv° siècle, cest-à-dire au momentlOrient retrouvait lunité, elle achevait de se décomposer. Poursuivre ce travail, qui a été très long et très complexe, le regardde lhistorien doit se porter dabord sur les États qui sont sortisdu démembrement de lempire carolingien. Il faut dire États, etnon pas nations, car une nation est une personne morale, de for-mation très lente, et il n'y aura pas de nations avant la périodetout à fait moderne. Le mot État lui-même ne convient pas, silon y attache le sens dun être politique organisé. La vérité toutesimple, cest quaprès de vains efforts faits par le parti ecclésiastique carolingien pour défendre la grande idée chimérique delunité, après toutes sortes de combinaisons essayées par les épi-gones de Charlemagne, qui forment pendant un temps une sociétéde copropriétaires de lancien Empire, lirrésistible force deschoses, permanente sous les accidents de la politique et duhasard, amène la séparation de trois pays, quon appellera plustard la France, lAllemagne, lItalie. Mais la séparation n'est passi complète que lon sache dire au juste quelles sont leurs fron-tières; du moins, le Saint-Empire confond pour longtemps encoredans son histoire le royaume dItalie et lAllemagne, flanquée dedeux grandes régions annexes, lune située sur la rive gauchedu Rhin, lautre sur la rive droite de lElbe.

VI. LEmpire et lAllemagne. Ce fut, au moyen âge, lhommele plus occupé du monde et le personnage politique le plus sin-gulier que cet empereur-roi. Il nétait pas un monarque universel,et ne devint point le monarque dune nation particulière. Nesachant trop comment sappeler, il se nomma tout court impe-rator. Sa capitale légale était Rome, mais il ny résidait point, etil neut pas de capitale, à vrai dire. Il ne se fixa nulle part. Commeil était le chef de la chrétienté, il ne devint point héréditaire :le pape, qui le faisait empereur en le couronnant, se réserva ledroit « dexaminer la personne de lélu », et sentendit avec lesprinces allemands pour perpétuer la coutume de lélection. Il nyeut donc pas en Allemagne cette continuité dans laction monar-