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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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XIX
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PRÉFACE. xix

chique, par laquelle d’autres nations furent constituées à l’état degrandes puissances.

L’office le plus clair de l’empereur étant d’être l 'avoué de l’Église,il dut se charger des destinées de la papauté, la relever de l’a-baissement où elle était tombée au x° siècle, puis, après lui avoirdonné la force de lutter contre lui, lutter contre elle. Il fut im-pliqué dans toutes les affaires de l’Italie, où il trouva des alliés,mais aussi des adversaires. Quant à l’Allemagne, elle fut un desthéâtres de la lutte entre l’empereur et le pape. Non seulementles princes ecclésiastiques, mais aussi des princes laïques, inté-ressés au désordre où croissait leur indépendance, furent poul-ie pape contre l’empereur. Dès le milieu du xm' siècle, l’Allemagnen’est plus qu’une fédération anarchique de principautés et devilles qui sont des républiques. Plus de vie collective, point d’arméeallemande, point de finances, point de justice. La guerre estpartout et il n’y a plus d’autre droit que le droit du poing ( Faust-rechi). Pour se protéger, princes et villes font des ligues pourla paix, mais ces ligues elles-mêmes sont belliqueuses, car ellesfont la guerre à la guerre.

A ce désordre préside un monarque : il s’appelle toujours l’em-pereur; mais, à la fin du xm* siècle, il n’est plus, sous la parurede ce titre magnifique, qu’un petit prince allemand, exploitant sadignité pour faire la fortune de sa maison. Les Luxembourgs,hobereaux du pays d’Ardenne, et les Habsbourgs, minces sei-gneurs du pays d’Argovie, se composent un empire patrimonial.« Chacun pour soi » : telle est la devise de l’Allemagne dans cetemps-là, et ce pays, si fort et si redoutable au x' siècle, n’estplus qu’une collection d’êtres politiques acharnés les uns contreles autres.

VII. La papauté et l’Italie. — Comme l’empire à l’Allemagne,la papauté a coûté cher à l’Italie. C’est elle qui, au moment où lesLombards achevaient de se rendre maîtres de la Péninsule, aappelé contre eux les rois des Francs, Pépin et Charlemagne.Ceux-ci se substituèrent, il est vrai, aux rois lombards dans lenord de l’Italie, mais ils fondèrent un État pontifical et ils ne réus-sirent pas à déposséder les ducs lombards du sud, ni à chasserles Urées de l’Italie méridionale et de la Sicile. Ainsi commencel’anarchie italienne.

C’est encore la papauté qui a ressuscité l’empire en l’an 800 et