252 LE ROYAUME D’ITALIE DES EMPEREURS ALLEMANDS.
elles pour que l'on pût dire que tel ou tel territoire étaitajouté ou enlevé à l’Italie. Si même une certaine étendue deterritoire passait de la domination d’un prince italien souscelle d'un prince allemand ou bourguignon, c’était bienplutôt un changement dans la frontière de tel ou tel Étatitalien, qu’un changement de frontière pour l’Italie pro-prement dite. Tout le long de la frontière des Alpes il ya eu des modifications considérables, mais c’est seulementde nos jours que nous pouvons dire que l’Italie, en tantqu’Italie, est devenue susceptible d’agrandissement ou dediminution. Lorsqu’en 1866, Venise et Vérone furent ajoutéesau royaume d’Italie, c’était là un changement bien distinctdans la frontière italienne; nous ne pouvons guère en direautant des changements innombrables qui eurent lieu pré-cédemment dans cette région. Au quatorzième siècle parexemple, la ville de Trieste que se disputaient les patriar-ches d'Aquilée et la république de Venise, vit reconnaîtreson indépendance à laquelle elle renonça ensuite en serecommandant au duc d’Autriche (1582). Si les limites del’Allemagne et de l’Italie étaient ou non modifiées par cefait, cela était probablement alors bien indifférent. Qu’ellerestât libre ou devint vassale de l’Autriche, Trieste restaitsous la suzeraineté incontestable, quoiqu’en réalité nomi-nale, de l’empereur, souverain commun à l’Allemagne et àl’Italie. Il est très vraisemblable que personne ne songeaità se demander si cet hommage nominal lui était dû à titrede roi d'Allemagne ou de roi d'Italie.
A l’est et à l’ouest, le royaume d'Italie était sans fron-tières; il ne pouvait y avoir d’autre question, à cet égard,que celle des rapports des îles de Corse et de Sardaigne avecle royaume lui-même ou l’un quelconque des états qui seformèrent dans ses limites.
Au sud se trouvaient les duchés lombards indépendants,ainsi que les possessions qui restaient à l'empire d'Orient etqui devinrent avec le temps le duché normand d'Apulie etle royaume de Sicile. Quant à ce dernier royaume, comme