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LA CONFÉDÉRATION SUISSE.
territoire de langue germanique qu'il comprenait tout àfait au nord-est peut être considéré comme entièrementgermanique. Une division plus logique que les ancienneslimites des royaumes est celle qui suit la limite des languesteutoniques et romanes. A ce point de vue, tous les cantonsde l’ancienne confédération, excepté une partie de Fribourg,sont allemands; les cantons romans sont ceux qui se trou-vèrent formés, dans les temps modernes, par l’adjonctiond’états alliés ou sujets.
Il faut bien se mettre dans l’esprit que jusqu’aux dernièresannées du treizième siècle, pas même le germe de la Suissemoderne n’était apparu sur la carte ; ensuite, que la confé-dération ne devint un État indépendant qu’au dix-septièmesiècle; enfin que le nom de Suisse, tout en ayant été employéd’une façon générale pendant des siècles, n’est cependantdevenu le titre officiel de la confédération qu’au dix-neu-vième. Il est de toute nécessité, en étudiant la géographiehistorique, de détruire cette idée qu’il y a toujours eu unerégion du nom de Suisse comme il y a toujours eu desrégions de Germanie, de Gaule et d’Italie. 11 n’est pas moinsnécessaire de bien établir que les cantons originels de laSuisse ne représentent en aucune façon les Helvètes de César;que la Confédération Suisse n’est pas autre chose qu’unedes nombreuses ligues germaniques; quelle fut plus du-rable, et devint plus étroitement unie que les autres liguesgermaniques; qu’elle se détacha progressivement du royaumede Germanie ; et qu’en même temps, elle et ses membresacquirent une quantité notable d’alliés et de sujets, Italienset Bourguignons ; enfin, que tous ces alliés et sujets ont été,dans les temps modernes, réunis en un seul corps fédéralavec les premiers confédérés germaniques.