' LA MAISON 1)E SAVOIE.
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eut pour berceau les pays bourguignons qui étaient situés surles deux versants des Alpes et qui touchaient immédiatementà l'Italie. Ce fut à leur position géographique, qui les mettaiten possession de plusieurs grandes passes montagnardes,que les princes savoisiens durent leur importance première,position dans laquelle ils succédèrent, en quelque sorte,aux rois de Bourgogne U Une grande obscurité règne surles commencements de la maison de Savoie, et son pouvoirne semble avoir pris naissance qu’après la réunion de laBourgogne à l'Empire. Néanmoins, vers la tin du onzièmesiècle, les comtes de 'Maurienne, comme s'appelaient àl’origine les princes savoisiens, paraissent exercer des droitsde souveraineté dans les districts bourguignons de Maurienne,de Savoie proprement dite, de Tarentaise et iVAoste. Lavallée d’Aoste, comprenant la ville de ce nom, se trouvaitsur le versant italien des Alpes, mais elle n’en avait pasmoins été jusque-là plutôt bourguignonne qu'italienne 1 2 .Elle avait passé plusieurs fois d’un royaume à l’autre;mais, à partir du moment où la maison de Savoie eut un pieddans les deux royaumes, la question cessa réellement d’avoirde l'importance. Sans entrer dans de minutieuses questionsde t.enure, on peut dire que les anciennes possessions savoi-siennes atteignaient jusqu’au lac de Genève et s'étendaientde chaque côté de l’embouchure du Rhône dans ce lac. La
1. Voyez la lettre de Cnut, lors (le son pèlerinage à Borne, dans Florence deWorcester, 1031. En parlant de Rodolphe, il dit : « Roduîphus rex, qui maximeipsarum clausurarum dominatur, » (Note de l’auteur.)
2. On trouve la preuve qu’Aoste dépendait du royaume de Bourgogne dans le« Divisio imperii » de 806 (Pertz, Leges, I, 141). En effet, litalie tout entièreest donnée à Pépin, et la Bourgogne est partagée entre Charles et Louis ; maisil y a une clause qui dit que Charles et Louis auront tous les deux accès enItalie : « Karolus per vallem Augustanam quæ ad regnum ejus pertinet ». LeDivisio Imperii de 839 est encore plus explicite (Pertz, Leges, I, 373, Scriptores,I, 434). Il n’y a plus qu’une seule part, qui comprend « Regnum Italiæ par-temque Burguncliæ, id est, vallem Augustanam », et certains autres districts.De même Eginhard (Vita Karoli, 15) place Aoste en dehors de l’Italie : « Italiatota, quæ ab Augusta Prætoria usque in Calabriam inferiorem, in qua Græco-rum et Beneventanorum constat esse confmia, porrigitur ». Comme la Calabrene faisait pas partie de l’Italie, dans ce sens, il devait en être de mêmed’Aoste. (Note de l’auteur.)