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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LA MAIS0Î4 DE SAVOIE.

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savoisiens. Lorsque l’occupation française cessa, Salucescontinua à rester aux mains de la France ; mais le ducCharles-Emmanuel en fit plus tard la conquête (1588).

Le règne du duc Charles-Emmanuel (1580-1650) marquele changement définitif qui eut lieu dans la destinée de lamaison de Savoie. Après avoir rêvé sur le versant gauloisdes Alpes des conquêtes plus étendues qu’aucune de cellesde ses prédécesseurs, après avoir voulu être comte deProvence, peut-être roi de France, le régne de ce princeaboutit finalement à un résultat diamétralement opposé. Letraité qui termina ses luttes avec la France laissa Saluces àla Savoie, mais en échange de la Bresse, du Bugey, du Val-romey et de Gex (1601). Les états savoisiens cessèrent ainsid’être coupés en deux par un puissant voisin; mais le prixauquel cet avantage était obtenu aboutissait en somme aurenversement de l'ancienne position de la maison de Savoiesur le versant gaulois des Alpes. Le Itliône, et non plus laSaône, servit alors de frontière, et l’acquisition de Gex fitarriver la France jusqu’aux rives du lac Léman.

Genève eut ainsi, outre llcrne, deux autres puissantsvoisins, la France et la Savoie. Les deux tentatives faitespar Charles-Emmanuel (1602 et 1609) pour s’emparer de laville demeurèrent sans 2 'ésultat.

La Savoie devint alors bien distinctement une puissanceitalienne, conservant à la vérité les pays compris entre lesAlpes et le lac de Genève, le duché de Savoie proprementdit, mais ayant ses principales possessions et ses principauxintérêts en Italie.

Perte des dernières possessions transal-pines de la maison de Savoie (1860). — Nouspouvons donc finir ici l’histoire des possessions transalpinesde la maison de Savoie. Le duché de Savoie resta entre lesmains de ses ducs jusqu’à la grande tourmente de la Révo-lution française, qui renversa complètement leur dominationsur le continent (1792-1796). Celle-ci fut rétablie après lapremière abdication, mais avec une frontière écourtée qui