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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LE ROYAUME DE FRANCE.

Situation de la France. — Les rois d’Angleterre gar-daient toujours le duché d 'Aquitaine, avec la Gascogne; ilsgardaient également la Normandie insulaire, c’est-à-dire lesIles normandes, qui sont toujours restées, depuis cetteépoque, des états distincts dépendant de la couronne d’An-gleterre. L’Aquitaine, au lieu de faire partie des posses-sions continentales d’un prince qui était également chez luisur les deux bords de la Manche, n’était plus qu’une dépen-dance éloignée de son royaume insulaire, et, tandis que lesgrandes cités de cette province restaient fidèles à l’Angle-terre, sa position géographique et les sentiments de sanoblesse féodale tendaient de plus en plus à la rapprocherde la France.

Le résultat de cette grande et subite acquisition de terri-toire fut de rendre le roi de France, en Gaule, incomparable-ment plus puissant qu’aucun de ses vassaux. La France avaitmaintenant un littoral considérable sur la Manche, et unautre beaucoup plus petit sur l’Océan. Nous allons main-tenant passer à une autre série d’événements, d’où résultapour la couronne l’acquisition d’un territoire considérablequi n’avait eu en réalité jusque-là aucun rapport avec elle,et qui donna au royaume un autre littoral, situé, celui-là,sur la Méditerranée.

Acquisitions dans le Midi (1839-1870) etdans le Centre (1334-1857). — Pendant que le nord-ouest et le sud-ouest de la Gaule se trouvaient ainsi réunisentre les mains d’un roi insulaire, le roi d’un royaumepéninsulaire devenait presque aussi puissant dans le sudde la Gaule. Jusque-là, les plus grands princes de cetterégion avaient été les comtes de Toulouse, qui, en dehorsde leurs fiefs français, avaient également des possessions audelà du Rhône, dans le royaume de Bourgogne. Mais, pendantla dernière partie du onzième siècle et le commencement

1. L’Aquitaine, héritage d’ÉIéonore, ne tomba pas sous le coup de ia confis-cation prononcée contre les fiefs que Jean tenait de la couronne de France(Note de l’auteur.)