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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LE ROYAUME DE FRANCE.

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Guerre de Cent ans (1337-1453). — Traitésde lîrétigny et de Troyes. — La première de cesluttes est celle que les écrivains français ont appelée laguerre de Cent ans. On pourrait dire que ce fut une guerreen vue de l'annexion de la France à l'Angleterre, ou uneguerre en vue de l’annexion de l’Aquitaine à la France.Lorsque la paix eut été signée entre Henri 111 et saint Louis(1259), l’Aquitaine devint un pays possédé par le roi d’An-gleterre comme vassal de la couronne de France. A partir decette époque, ce fut un des principaux objectifs des rois deFrance de changer leur suzeraineté sur ce grand duché enune possession réelle. La chose s’était déjà réalisée une fois,par suite du mariage d’Eléonore avec Louis VIL Elle le futde nouveau sous Philippe le Bel, qui occupa momentané-ment cette province en 1294. La guerre de Cent ans com-mença en 1537, lorsque Philippe de Valois voulut s'emparerdes possessions d’Edouard III en Aquitaine. Deux ans après,le roi d’Angleterre trouva de son intérêt de prendre letitre de roi de France 1 . La première période de cette guerrefinit au traite' de Bre'tigny (1560), lequel montre bien lanature véritable de toutes ces controverses. Edouard y fitabandon de tous ses droits à la couronne de France, enéchange de la souveraineté directe de ses anciens fiefs etde quelques-unes de ses conquêtes récentes. L 'Aquitaine etla Gascogne, y compris le Poitou mais non F Auvergne , lesdistricts sur la Manche, Calais et Guines, et le comté dePonthieu, furent laissés au roi d’Angleterre, sans aucunecondition d’hommage ou de vassalité. Tous ces pays devin-rent aussi étrangers au royaume de France que les paysallemands et espagnols avoisinants.

Quelques années après, la France déchira le traité, et sesvictoires (1370-1574) ne laissèrent à l’Angleterre que Calaiset Guines, avec quelques petites parties de l’Aquitaine dépen-dant des villes de Bordeaux et de Bayonne. L’invasion

1. En vertu du droit qu’il tenait de sa mère, fille de Philippe le Bel. (Notedu traducteur.)