LE ROYAUME DE FRANCE.
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seulement lorsque la plus grande partie de ce royaume eutété absorbée que le royaume germanique fut entamé à sontour, et la frontière nord-est du royaume occidental nechangea que très peu depuis l'avènement de la maison deParis, au dixième siècle, jusqu’à la grande extension desducs de Bourgogne au quinzième. Après que la Lotharingieeut été définitivement rattachée au royaume oriental, l’hom-mage de la Flandre était incontestablement dû à la France,et celui des états qui avaient formé la basse Lotharingie àl’empire. La frontière du royaume occidental avec la hauteLotharingie ou Lorraine et avec le comté de Bourgogneresta également intacte, et la Saône servit de limite long-temps après que le Rhône avait cessé d'en être une.
Ce fut en effet sur ce dernier fleuve que les annexions dela France commencèrent, annexions qui donnèrent à laFrance une position tout à fait nouvelle en Europe 1 . L'acqui-sition du Dauphiné fit de la France le voisin immédiat del'Italie, et celle de la Provence (1481), outre qu’elle accen-tuait davantage cette nouvelle situation, fit plus que doublerle littoral de la France sur la Méditerranée. De plus, bienque le territoire français et celui des Confédérés ne se tou-chassent pas encore, les guerres avec les ducs de Bourgogne,et plusieurs autres événements de la dernière moitié duquinzième siècle, permirent à la France d’établir des rap-ports très étroits avec l’état qui s’était formé au nord dulac Léman. La France était ainsi devenue un grand étatméditerranéen et alpin, prêta menacer l’Italie à la générationsuivante.
La France fit plus tard d'autres acquisitions dans lesanciennes limites du royaume de Bourgogne, et elles eurentun caractère quelque peu différent. Les annexions auxdépens de la maison de Savoie, tout en étant géographique-ment bourguignonnes, étaient faites aux dépens d’un état quicommençait à être plutôt italien que bourguignon. L’annexion
1. Voir pour ces annexions pages 265 et 266.