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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LE ROYAUME DE FRANCE.

même caractère que celle qui regardait l’Allemagne. La Franceposséda sur le territoire espagnol ou impérial des pointsisolés, tels que Philippeville et Marienbourg, et l’Espagneconserva de son côté, sur le territoire qui venait d’être cédéà la France, des enclaves comme Aire et Saint-Omer.

De nouveaux agrandissements eurent lieu pour la Francea la paix d’Aix-la-Chapelle (1068), qui lui donna entre autresplaces Douai, Tournai, Lille, Oudenarde et Courtrai. Dixans plus tard, à la paix de Nimègue (1678), la frontièrefrançaise recula de nouveau dans la Flandre orientale. Cour-frai et Oudenarde furent perdues par la France, mais dansles districts situés plus au sud, elle acquit les villes espa-gnoles de l’Artois, Cambrai et son district, ainsi que Valen-ciennes dans le Ilainaut. Le traité de ltyswick (1697) laissa lafrontière telle qu’elle avait été fixée à la paix de Nimègue.Enfin, les traités d'Utrecht et de la Darrière (1715-1715)donnèrent à la France une grande partie de la Flandre, etbeaucoup de territoires qui avaient appartenu à l’empire.

Les Pays-Bas espagnols devinrent alors autrichiens, et ilseurent une frontière protégée par les villes de Fumes,Ypres, Menin, Tournai, Mons, Charleroi et Namur, tandisque la frontière française était gardée par une série deplaces fortes s’étendant depuis Saint-Omer jusqu’à Charle-mont sur la Meuse. Les arrangements qui eurent lieu àcette époque n’ont subi depuis que de très légers change-ments, sauf pendant les guerres de la Révolution et de l’Em-pire, où la totalité des Pays-Bas fut annexée à la France.

Frontière de l’Est (1668-1714). Annexion dela Franche-Comté (1678). — Pendant le règne deLouis XIV, la France fit sur sa frontière plus strictementgermanique des progrès au moins équivalents à ceux quenous venons de citer. L’époque était alors venue de conso-lider les possessions éparses entre la Champagne et le Rhin.)La Franche-Comté, comme s’appelait alors généralement lecomté de Bourgogne, fut prise deux fois par Louis XIV(1668 et 1674), et la ville de Besançon en faisait alors