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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LE ROYAUME DE FRANCE.

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sition de la Franche-Comté, cessa même dès lors d’êtrepéninsulaire.

En laissant maintenant de côté quelques parcelles de solimpérial qui se trouvaient complètement enclavées dans leterritoire français, nous voyons que celui-ci s’étendaitcomme une masse solide et ininterrompue de l’Océan jus-qu’au Rhin. Et il faut bien remarquer que tous les paysque la monarchie de Paris avait ainsi successivement placéssous son pouvoir, étaient, dans le sens le plus strict de cemot, incorporés au royaume. Ils ne furent jamais des terri-toires dépendants, ni des royaumes ou des duchés séparés.La continuité géographique du territoire français permit àla France d'incorporer réellement ses conquêtes, comme nele pouvaient ni l’Espagne, ni l’Autriche, et cela put d’au-tant mieux se faire que chacune de ces annexions était peuimportante eu égard à l’étendue générale de la monarchiefrançaise. Excepté pour le fragment de la Navarre qui con-serva son roi bourbon, la France n’annexa jamais aucunroyaume, et ne fit aucune addition permanente au titrede ses rois.

Acquisition de la Corse (1768). — Le mêmerègne vit une autre acquisition complètement différente desautres, sous la forme d’une île italienne, l’île de Corse (1768).En elle-même, l’incorporation de cette île semble aussi étrangeque la domination espagnole ou autrichienne en Sicile ou enSardaigne ; les conséquences, cependant, ont été différentes.La Corse a ôté bien plus complètement incorporée à laFrance que ne le sont généralement ces sortes de possessionséloignées, et cela est dû en grande partie à la forte conti-nuité qui existait entre les possessions continentales de laFrance. 11 n’y avait aucune tradition, aucun précédent, quipût suggérer l’idée de donner à cette possession une formeparticulière d’indépendance ou d’état séparé. En outre, laCorse fut d’autant plus facilement rattachée à la France quel’homme, qui étendit le plus la domination française, n’étaitFrançais que si les habitants de cette île l’étaient aussi. La