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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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L’UMflllE JJ'OUIEST. 371

comba sous le choc de forces extérieures. Parmi les nom-breuses causes qui produisirent cette différence, une seulepeut-être se rapporte à la géographie politique. A l’époquede la séparation des empires, l’empire d’Occident n’était enréalité qu’un autre nom appliqué aux possessions du roi desFrancs, que celles-ci se trouvassent en dedans ou en dehorsde l’ancien empire; l’empire d’Orient conservait au contrairela tradition politique de l’empire primitif. Aucun nom géo-graphique ou national ne s’appliqua à l’ensemble des troisroyaumes impériaux d’üccident ou à leurs sujets. Au con-traire, pour les sujets de l’empire d’Orient, il yen eut un, etun seul, celui de Romains; aussi le pays reçut-il peu à peu lenom géographique de Romanie. L’empire d’Occident, lui, nefut point une Romanie, et ses sujets ne furent pas Romains. Laseule Romanie d’Occident, le pays italien de Romagne, reçut cenom à cause de sa connexion prolongée avec l’empire d’Orient.

En outre, les différences de races sont bien plus impor-tantes en Orient qu’elles ne l’ont jamais été en Occident. EnOccident, les nations se sont formées par un certain mélangedes divers éléments; en Orient, ces éléments restent tou-jours séparés. Toutes les nations de la péninsule du sud-est, qu’elles soient antérieures à la conquête romaine ouqu’elles soient le fait de nouvelles immigrations, restenttoujours à l’état de nations distinctes.

Les nations primitives de la péninsule dusud-est. — En tête de ces nations, il y en a trois dont l’éta-blissement dans la péninsule est antérieur à la conquêteromaine. L’une d’elles a toujours conservé son nom et salangue; une autre, tout en conservant sa langue, a perdu sonnom pendant longtemps et ne l’a retrouvé que dans les tempsmodernes ; la troisième a perdu l’un et l’autre depuis dessiècles. De tous les peuples de la péninsule, celui qui a lemoins changé sont les Albanais, qui s’appellent eux-mêmesSldpetars, et représentent les anciens Illyriens. Viennentensuite les Grecs, qui conservent leur langue ; mais leur nomd Hellènes n’a été rétabli dans sa signification habituelle qu’à