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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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L’EMPIRE D'ORIENT.

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comprendre la totalité des possessions impériales en Asie,avec une province de Thrace s’étendant au nord jusqu’àAgalhopolis. Les Vénitiens devaient avoir Andrinople avecune bande étroite de territoire descendant jusqu’à la Pro-pontide. En réalité, les choses se passèrent tout autrement.Les empereurs latins n’eurent jamais en Asie que certainesparties des Thèmes baignés par la Propontide, depuis Adra-myttiurn jusqu’à l’embouchure du Sangarius. En Europe, ilspossédèrent la partie orientale de la Thrace, avec une fron-tière qui changea souvent, au nord par rapport à la Bulga-rie, à l’ouest par rapport aux nouveaux états latins et grecsqui s’v formèrent. Ils avaient également Lemnos, Lesbos,Chios, et quelques autres des îles de la mer Égée.

Mais l’empire latin de Romanie ne fut pas le seul empirequi s'éleva sur les ruines de celui qui avait pour capitale laRome orientale. Deux princes grecs, et pendant un momenttrois, portèrent le titre impérial; il y eut aussi un roi latin.Il sera bon pour un moment de laisser de côté l’Asie et laGrèce méridionale, et de considérer les révolutions quieurent lieu en Thrace, en Macédoine, dans la Grèce septen-trionale, et dans cette partie de la péninsule à laquelle nouspouvons maintenant donner le nom d 'Albanie. Le résultatimmédiat de la conquête latine fut de partager ces paysentre trois états, deux latins et un grec. En dehors de l’em-pire de Romanie, il y eut le royaume latin de Thessalonique,et le despotat 1 grec d’Épire, gouverné par la maison d’Ange.

Le royaume latin de Thessalonique (1204-1332). — Le royaume de Thessalonique fut celui quidura le moins longtemps, et l’on ne peut guère mettreen doute que sa création ne fut la ruine de l’empire latin. Ilséparait l’empereur de ses vassaux éloignés de Grèce, et lelien qui rattachait ceux-ci devint bientôt nominal. Dansdes règnes successifs, il fut pour l’empire, d’abord un voi-

1. Il faut se rappeler que <&i<ritÔTi}ç était et est toujours un titre byzantin trèscommun, nullement pris en mauvaise part; pas plus que dominus ou l’unquelconque (les mots qui en sont la traduction. (Note de l’auteur.)