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LE ROYAUME DE SICILE.
maître de toutes les possessions de sa famille, sur le conti-nent, c’est-à-dire de toute YApulie. 11 y ajouta ensuite laprincipauté normande de Capoue (1132-1136), d’abordcomme territoire dépendant, ensuite avec tous les caractèresd’une véritable incorporation. En 1138, il enleva aux em-pereurs d'Orient leur dernière possession en Occident, laville de Naples. Dépassant ensuite les limites de l’empired’Orient et les premières conquêtes normandes en Italie, ilconquit les Abruzzes (1140). Enfin, nous avons vu qu’ilétendit sa domination, pendant un moment, à l’est del’Adriatique. Il s’attaqua également, et avec plus de succès,à l’ennemi commun des deux empires chrétiens d’Orient etd’Occident. De même que la Sicile avait été deux foisconquise par des envahisseurs venus d'Afrique, ce fut letour de l'Afrique d’être assaillie par des conquérants sici-liens. Roger étendit sa domination (1135-1137) sur unepartie considérable de la côte africaine, comprenant Mehaclia,Bône et autres points qui furent perdus sous son fils Guil-laume.
Ainsi se trouva fondé un royaume qui a été, peut-êtreplus qu’aucun autre état européen, divisé et réuni, qui apassé plus d’une fois d'une dynastie étrangère à une autre,mais dont les frontières ont à proprement parler à peinechangé. En effet, le seul voisin immédiat du roi de Sicileétait son suzerain ecclésiastique, et la seule question quipouvait se soulever était celle-ci : le roi qui régnait sur laterre ferme serait-il aussi roi de l’ile? Mais les dynastiessuccessives qui régnèrent sur toute l’étendue du royaume,et sur ses différentes parties quand il était divisé, suivirentpendant longtemps avec ardeur la politique de leur fonda-teur, celle des conquêtes à l’est de l’Adriatique.
Domination en JÉpire des princes siciliens( 1185 - 1386 ). — Avant la quatrième croisade, Guillaumele Bon avait repris pied en Épire par la conquête de Durazzo,et conquis de nouveau les îles de Corfou, Céphalonie etZante (1185). Ces possessions éloignées furent données en