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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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DOMINATION DE VENISE EN ORIENT.

la Thrace et quelques points eu Asie, au nombre desquelsil semblerait qu’on doive placer, si étrange que cela soit, leLazique 1 , à l’est de l’Euxin. Mais les possessions de Veniseen Orient eurent réellement un tout autre aspect. Une grandepartie du territoire qui était assigné à la république ne luiappartint jamais ; et d’autre part elle obtint d’immensespossessions qui ne lui étaient pas destinées. Cependant lepoint principal, la domination de l’Adriatique, ne fut jamaisperdu de vue par Venise, bien que quelques-unes de sespremières et de ses dernières conquêtes aient eu une autrebase.

Occupation par Venise de la Crète (1206-1669); de Chypre (1489-1571); de Tliessa-lonique (1426-1430). — Parmi les possessions deVenise, la plus grande et la plus durable de toutes, l’île deCrète, ne lui était pas assignée dans le traité de partage.Venise s’en empara dans les premiers temps de la conquête(1206), et elle la conserva pendant plus de quatre siècleset demi, jusqu’à la guerre de Candie (1615-1669), qui laissaFile tout entière, sauf deux forteresses, aux Ottomans.

Dans cet intervalle, la république de Saint-Marc avait eule temps d’acquérir et de perdre une autre grande île,également en dehors du plan de partage des conquérantslatins de Constantinople. Vers la fin du quinzième siècle, larépublique succéda aux rois latins de Chypre (1489). Maiscette île ne rèsta pas même un siècle en sa possession ;comme la Crète et la Sicile, Chypre fut tout spécialementle théâtre de la lutte entre les Européens et les barbares, et,après que la chrétienté eut remporté la stérile victoire deLépante (1571), elle resta définitivement acquise aux Otto-mans.

Une autre possession, qui se trouvait en dehors de la di-rection ordinaire de la domination vénitienne, fut la courteoccupation de Thessalonique (1426-1430). Achetée à un des-

î. Si toutefois c’est bien ce que signifie le mot taza ou Lacl i inscrit dansle traité de partage. Voyez Muratori, III, 357. (Note de l’auteur.)