ÉTATS DE LA GRÈCE CCLNTINEiNTALE.
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de Trébizonde eut l’honneur d’être le dernier fragment de lapuissance romaine en Orient. La domination du grand Com-nène survécut à la chute de Constantinople ; elle subsistaitencore après la conquête d’Athènes et du Péloponnèse.
Nous avons vu comment cet état prit naissance et quelsfurent 1 ses commencements. Lorsque sa partie occidentale eutpassé aux empereurs de Nicée, et Sinope aux Turcs, l’empirede Trébizonde fut réduit à la possession de la côte sud-estde l’Euxin; il s’étendait en outre sur une partie de lTbérie,et conservait les possessions impériales de la ChersonèseTaurique. Quelquefois indépendant, quelquefois tributairedes Turcs et des Mongols, l’état de Trébizonde se maintintpendant près de quatre-vingts ans comme empire romaindistinct et rival. Lorsque Constantinople fut revenue aux mainsdes Grecs, Jean Comnène de Trébizonde trouva bon dereconnaître Michel Paléologue comme empereur des Ro-mains (1281), et se contenta pour lui-même du titre « d’em-pereur de tout P Orient , à'Ibérie et de Pératée » ; ce derniernom signifie la province d'outre-mer, dans la ChersonèseTaurique ou Crimée.
Nous voyons ainsi que le titre « A'empereur d'Orient »,que l’on trouve quelquefois commode de donner à l’empe-reur de Constantinople, appartient strictement à celui deTrébizonde. Le territoire du nouvel empire d’Orient passapar de nombreuses fluctuations, notamment du fait des Tur-comans ses voisins. La Chalybie, le pays du fer, fut perdu ;la ligne des côtes fut coupée en deux; l’empire plia devantTimour. Mais la capitale et une grande partie de la côte res-tèrent au souverain grec et ne passèrent sous le joug ottomanque huit ans après la chute de Constantinople (1461). Ladépendance éloignée de Pératée ou Gothie ne fut conquiseque onze ans plus tard (1472). De même que la ChersonèseTaurique avait été le refuge de la dernière république grec-que, elle fut aussi celu-i de la dernière principauté grecque.
1. Voir page 595.