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Histoire générale de l'Europe par la géographie politique / par Edward A. Freeman ; traduit de l'anglais par Gustave Lefèbvre
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LA HONGRIE ET LES PRINCIPAUTÉS ROUMAINES.

s’étend entre les Carpathes et la Baltique ce monde dusud-est dont la suprématie, disputée entre le Grec et leSlave, finit par appartenir complètement à l’Ottoman. Aumoment où cette invasion se produisit, le royaume deGrande-Moravie venait d’être fondé, et il devenait ainsi plusvraisemblable que jamais que les Slaves des deux régionspouvaient être réunis en un seul et unique état. Ce royaume,sous Sviatopluk, s’étendait au sud jusqu’à Sirmium, et tou-chait de ce côté aux pays dépendants de l'empire d’Orient;au nord, il comprenait la région chrobatienne qui devin;dans la suite la petite Pologne (884-894). Un tel état auraitpu être dangereux pour l’un et l’autre empire; pour remé-dier à ce péril, les deux empereurs tirent appel à d’autresenvahisseurs, qui devinrent beaucoup plus dangereux quela Grande-Moravie n’aurait jamais pu être.

Les Magyars, Ogres ou Hongrois, les Turcs comme lesappelle l’empereur géographe 1 , furent appelés d’un côté parl’empereur Léon, pour contenir les Bulgares, et de l’autre enOccident, par Arnulf, pour contenir le nouvel état morave.Ils pénétrèrent dans le pays que se disputaient les Moraveset les Bulgares, plutôt par le nord que par l’est. Les Moravesfurent complètement vaincus (906), et après avoir pris leurplace, les Magyars ne cessèrent d’envahir les deux empireset les pays qui en dépendaient. Du côté de l’ouest, les roissaxons d’Allemagne mirent un frein à leurs incursions; et àpart quelques variations de frontières du côté de la marcheautrichienne, la limite de la Hongrie et de l’Allemagne estdemeurée singulièrement constante.

Extension de la domination magyare surles deux branches de la race croate. — En for-mant ainsi une barrière entre les deux principales régionsoccupées par la race slave, l’établissement des Magyars en

1. Sur l’origine de ce nom, voyez Roesler, Romànische Studien, 159, 118, 260.Il est assez étrange de voir Constantin appeler Toffpxot les Magyars, qui étaientFinnois, en opposition avec les Petchénègues, qui étaient vraiment Turcs. SaTovçxîa et sa <t>ç«Yy( a sont naturellement la Hongrie et la Germanie. De Adm.lmp. 13, 40, p. 81,173, 6d. Bonn. (.Note de l’auteur.)