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L'EUROPE DU NORD-EST DU IX' AU XIII' SIÈCLE.
plus grande partie de ce littoral, c’est-à-dire le noid etl’est, était toujours occupée par les nations primitivesaryennes et non-aryennes. Cependant, dans les deux pénin-sules Scandinaves, les trois nations Scandinaves étaient envoie rapide de formation. Un certain nombre de tribus demême origine finirent par se grouper pour former les troisroyaumes .de Danemark, de Norvège et de Suède, lesquels,tantôt séparés, tantôt réunis, ont toujours existé depuis 1 .
Formation tin Danemark. — De ces trois royaumes,le Danemark était le seul qui eût une frontière du côté del’empire, et il fut naturellement le premier qui joua unrôle dans l’histoire générale de l’Europe. Dans le courantdu dixième siècle, sous le règne à demi fabuleux de Gorm,et de ses successeurs Harold et Sven, le royaume de Dane-mark proprement dit, pour le distinguer des autres payspossédés dans la suite par ses rois, atteignit presque entiè-rement son étendue historique dans les deux péninsules etdans les îles qui se trouvent disséminées entre elles.
Les provinces de Halland et de Skane ou Scanie étaientà l’origine, il faut bien s’en souvenir, au moins autantdanoises que celles de Seeland et de Juttland. L’Eider restala frontière du côté de l’empire, sauf pendant une partiedes dixième et onzième siècles. La frontière danoise reculaalors jusqu’au Dannewerk, et le pays compris entre ces deuxlimites forma la marche danoise de l'empire (934-1027). Sousle règne de Cnut (1014-1036), l’ancienne frontière fut ré-iablie.
Formation de la Norvège et de la Suède. —
Le nom de Northmen 2 , que les Francs étendirent à toutes les
1. Voir page 128.
2. Voyez Eginhard, Annales, A. 815 : « Trans Ægidoram fluvium in terrain
Nardmannorum. perveniunt. » De même, Vie de Charlemagne, 12 : « Dani
ac Sueonos quos Nortmannos vocamus», et 14: « Nortmanni qui Dani vocanlur*.Adam de Brème, lui, dit (II, 3) : « Mare novissimum, quod Nortmannos a Danisdirimit ». Mais le nom s’applique également aux Suédois ; car, toujours d’aprèslui (I, 63) : « Sueones et Gothi, vel, si ita melius dicuntur, Nortmanni », et(I, 16) : « Dani et cæteri qui trans Daniam sunt populi ab historicis Francorumomnes Nordmanni vocanlur *. (Note de l’auteur.)