üüO LA PÉNINSULE ESPAGNOLE ET SES COLONIES.
I'’Aragon et le comté de Barcelone (1151) amena le grandaccroissement de puissance de l’Àragon sur les deux versantsdes Pyrénées et même au delà du Rhône. Cette puissancefut brisée par la défaite du roi Pedro à Muret (1215). Maisle traité conclu en 1258 avec la France affranchit Barce-lone, le Boussillon et la Cerdayne de tout hommage enversla couronne de France, et toute trace de suprématie étran-gère disparut de l’Espagne chrétienne. Le royaume indépen-dant d’Aragon s’étendit sur les deux versants des Pyrénées,image bien affaiblie de l’ancien royaume des Visigoths.
De l’autre côté de la péninsule, les pays compris entre leDouro et le Minho commencèrent à former un état distinct.Le comté de Portugal fut donné à des princes de la maisonroyale de France, comme fief de la couronne de Castilleet de Léon (1094). Le comté devint un royaume en 1159, etson développement empêcha le royaume de Léon de s’agran-dir aux dépens des Musulmans, comme c’était déjà le cas dela Navarre.
Quant aux trois royaumes de Castille, d'Aragon et de Por-tugal, ils étaient prêts à acccomplir l’œuvre de la délivrance,et les progrès de la chrétienté en Occident allaient balancerles pertes qu’elle faisait en Orient. Ces progrès commen-cèrent à devenir importants à peu près à l’époque où lesSeldjoucides étendaient leurs conquêtes aux dépens del’empire d’Orient; mais l’affranchissement de l’Espagnen’était pas encore terminé que les Ottomans étaient déjàétablis depuis quarante ans dans la nouvelle Rome.
Guerres entre les Musulmans et les Chré-tiens (1082-1430). — Les états chrétiens étaient ce-pendant désunis, tandis que les Musulmans avaient retrouvé,quoique à de lourdes conditions, les avantages de l’union.Alphonse VI, roi de Castille et de Léon, fit des progrès no-tables vers le sud, et il conquit l’ancienne capitale gothiquede Tolède (1085). Mais après la défaite d’Alphonse à Zalacca(1086), la Castille dut renoncer à faire de nouvelles con-quêtes.