Buch 
L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
Entstehung
Seite
88
JPEG-Download
 

— 88 —

des cas où l’innervalion s’exerce d’une manière désor-donnée ?

Il est certain qu’on observe des mutations pro-fondes dans l’état psychique de certains individus,à la suite même de maladies auxquelles on n’attribuepas ordinairement ce résultat. « J’ai vu, dit Cabanis,chez un homme, dont toutes les habitudes étaient mé-lancoliques au dernier point, des accès de lièvre quarteopiniâtre, produire un changement complet de goûts,d’humeurs , d’idées et même d’opinions. Du plusmorne de tous les êtres qu’il avait été jusqu’alors, ildevint vif, gai, presque folâtre. Sa sévérité habituellefit place à beaucoup d’indulgence; son imaginationn’était plus occupée que de tableaux riants et deplaisirs. Comme la fièvre dura pendant plus d’un an,

voquait-il pas lui-même l 'inégale révolution des mouvements denotre humeur pour expliquer u ta diversité des jugements des magis-trats, ses jours de grâce et de miséricorde où il n’aime qu’à pardonner : sesjours de colère et d’indignation où il semble ne se complaire qu’à punir ? uVoltaire signalait aussi, en termes d’une crudité que je ne veux pasimiter, l’influence que le bon ou le mauvais étal de nos excrétions a surnotre caractère et nos résolutions. ( Dict. philos.) Un homme delettres cité par Réveillé—Parise pour son esprit satirique, avait besoin,pour lancer ses traits les plus acérés, ou ce qu’il appelait ses déjectionsbilieuses, d’être sous l’impression d’une digestion contrariée. Au reste,l’observation n’est pas neuve, comme le prouve certain passage d’Horace .

.væ ! meum

Fervens difficiii bile tumet jecur. (Lib. 1, ode (3.)