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Tome premier.
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II
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Il

PRÉFACK.

et les descentes impériales transforment en désastrespériodiques. Voilà les peuples obligés de recommencer àchaque instant leur carrière, leurs villes devenues lethéâtre de gloires étrangères, leur tradition servant decanevas à des exploits conçus sous le ciel de la Scandi-navie, de l’Allemagne, de la France ou de l’Espagne.

En vain voudrait-on pardonner aux envahisseurs,naturaliser les étrangers et dissimuler les interruptionsmeurtrières qui séparent les Longobards des Franks,ou les Franks des Allemands, que la diversité des gou-vernements et la multitude des formes politiques empê-cheraient encore de suivre le mouvement indigène. Icicommunal, là féodal, normand en Sicile, byzantin àVenise, théocratique à Rome, royal à Pavie, il enfantedes royaumes, des républiques, des seigneuries, desvilles libres, des villages indépendants, des grands fiefsde l’Église ou de l’empire, des phénomènes bizarres, descontrastes continuels, une fantasmagorie ingouver-nable.

Les gue rres et les conquêtes intérieures ajoutent e ncoreà cette éblouissante confusion : car ce n’est pas l’amitié,c’est l’inimitié, c’est la discorde, c’est la colère qui prési-dent àl’agencement mobile de tous les États. La haute Italieest aux prises avec la basse Italie, Milan avec Florence,Venise avecFerrare, Gênes avec le Piémont,Ravenne avecRome. Sur le même terroir, Milan combat Como, quicombat Comacine ; Trévise lutte contre Ceneda, impla-cable ennemie de l’imperceptible Caneva. Les inimitiéss’exaltent en raison inverse des distances ; les guerres