LE PACTE DE CHARLEMAGNE AVEC L’ÉGLISE, H 3
coup disputé sur les villes données à l’Église, commeil s’agissait de fixer les confins d’un État octroyépar un suzerain à son vassal. Les écrivains duSaint-Siège s’efforcent d’exagérer la donation, lesécrivains de l’école libérale tiennent à la diminuer pardes considérations toutes modernes. La philosophie del’histoire s’élève au-dessus de ce débat; c’est la révolu-tion toute seule qui a dicté le grand acte de la dona-tion, c’est donc elle qui en détermine les conditions.L’Italie romaine a marché avec le pape qui en a étéle héros, et les Franks la lui livrent, ne pouvant lalui refuser. Le sens général de l’histoire réclame ladonation de toutesles terres jadis exceptéesdu royaume.Rien de plus naturel : en politique on donne toujours cequ’on n’a pas. De même que le pape offrait aux Franksle royaume de Didier, les Franks livraient au papetoutes les terres de l’empereur d’Orient en Italie, à lacondition sous-entendue que les peuples continueraientla révolution et qu’ils constitueraient le pape grand dogedu midi. C’est ainsi qu’en se bornant à consulter lalogique sans connaître les événements on détermine àpriori le pouvoir temporel de l’Église ; à priori la logi-que transforme l’Italie moitié impériale et moitiéroyale, en la nouvelle Italie moitié pontificale et moitiéfrançaise.
Dans le fait, la donation s’ébauche dès 7oo par l’actede Pépin qui cède tout l’Exarchat, centre de la domina-tion impériale, plus la Pentapole, Comacchio du duchéde Ferrare, Narni du duché de Spoleti *. Par Comacchio
1 Pipin donnait ; Ravenne, Rimini, Pesaro, Fano, Cesène, Jesi,Sinigaglia, Forlimpoli, Forli, Montefeltro, Aceragio, Monte di Lu-caro, Agobbio, Luceolo , San-Mariano , Bobbio, Urbin , Cagli,Comacchio et Narni.
T. i.
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