LA DOMINATION
Salerne,ni à Bénévent; elle formg un troisième centre,unlroisième État indépendant. La désorganisation de laLombardie mineure est complète ; la capitale barbare deBénévent est détrônée au profit de Salerne et de Capoue,villes intermédiaires entre la barbarie de Bénévent etla tradition romaine de Naples.
C’était là le progrès social, réclamé par la révolutionqui invoquait Charlemagne; mais,encore une fois, con-tre qui Charlemagne était-il invoqué? Contre le roi dePavie,contre le royaume indépendant, contre la politiqueitalienne, prédestinée à de continuelles défaites depuisl’ère des Goths et par conséquent le progrès de la révo-lution par lesFranks impliquait une nouvelle servitudepolitique. Les Romains du royaume sont protégés, parcequ’ilsabhorrentle souvenir deladominationlongobarde;les évêques le sont à leur tour, parce qu’ils veillent surl’abaissement de l’ancienne Lombardie. La religion estfavorisée, parce que l’abbé de Moncassin ouvre le midià la domination des Franks. Le nouveau royaume està moitié désorganisé et moralement bouleversé ; il fautdonc que le nouveau roi se fonde entièrement surl’empire des Franks. S’il voulait se déclarer indépen-dant, Pavie ne saurait plus le défendre; le royaume se-rait en dissolution par les marches. La liberté à mis enprésence deux races ennemies : les Romains et les Lon-gobards. Il y a deux droits, deux lois dans le royaume.Les Franks qui sont en Italie suivent une troisième loi;ils ne sauraient régner que par la division des indigè-nes. Ils sont libres de peser sur la terre, mais ils nepeuvent ni s’v appuyer, ni s’étendre, ni représenter unepatrie, comme les Franks d’Allemagne ou d’Aquitaine.Toute la centralisation du royaume est en l’air et con-fiée à des fonctionnaires volants ; les comtes du sacré