DERNIERS JOURS DE LA. DOMINATION CARLOVING1ENNE. 171
lui, par la force de l’opposition politique, vaincue tou-jours, mais toujours vivante depuis la chute de Didier.Dès que l’empire se fractionne , l’empereur est moinsredoutable, la France perd son pouvoir, le roi frankd’Italie perd ses appuis; l’Allemagne peut l’accablerde son inimitié, tous les peuples se lèvent avec ile nou-veaux rois; pourquoi le royaume d’Italie n’aurait-il pasaussi son roi, son prétendant, son indépendance?Pourquoi l’unité italienne ne serait-elle pas vengée etréhabilitée? Pourquoi n’y aurait-il pas un royaumeromain ou byzantin à l’imitation des dogats de Napleset de Venise ? Celte prétention est légitime; les chefs del’opposition italienne, restant sur le chemin de la loi,acceptent le pacte de l’Eglise avec l’empire : qui oseraitle mettre en doute? Ce serait révoquer en doute cetteliberté, cette fédération d’Occident qui permet auroyaume de rêver encore son indépendance d’autrefois.On reconnaît donc que l'Italie doit être pontificale etimpériale, et que l’Europe doit avoir deux chefs, le papeet l’empereur. Mais est-il dit dans le pacte que leroyaume sera toujours le fief des Franks? Est-il ditqu’il sera toujours livré à un roi de la race de Charle-magne? Cette race même, dans les testaments, les par-tages, les conflits ne permet-elle pas aux peuplesde choisir de nouveaux rois plus indépendants? L’aris-tocratie opposante cherche son prétendant, et veut unroi national comme la Neustrie et l’Austrasie.
Le mouvement commence à la mort de l’emperenrLouis II. Toutàcoup l’Italie se remue; ses ducs, ses mar-quis, jusqu’alors immobiles comme des statues, s’ani-ment pour la première fois, également hostiles aupape et aux Franks. Le marquis de Toscane et le duc deSpoleti menacent le pape, le duc du Frioul est l’ennemi