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Tome premier.
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HANS LE MONTFERRAT, EN DORSE ET EN SARDAIGNE. 312

de Sardaigne et de Corse au niveau du continent ita-lien. La Sardaigne était jusque-là un royaume musul-man ayant sa capitale à Oristano. En 1022, Pise chasseles Musulmans, et aussitôt l’île nous présente tous lestraits de la ville italienne :

1. Le pape en devient le grand évêque, et, pourinféoder la conquête aux Pisans, il délègue ses pouvoirsà l’évêque de Pise, créé primat de Sardaigne.

2. Les Pisans régnent en consul, au nom de Dieu etdu peuple qu’ils ont arraché au joug du royaume mu-sulman.

3. L’île est partagée fédéralement en quatre Etatssoumis à quatre juges qui représentent le « premierpeuple. »

4. Les habitants imitent la multitude de Milan, deGênes, de toutes les villes, heureux d’échapper à latyrannie plus que royale des infidèles.

La Corse, à son tour terre du sainl-siége, était sousle gouvernement unitaire d’un comte, et, au temps desrois, elle restait immobile etroidie dans le système féo-dal. « La Corse, dit Grossa, fut toujours très-calme sous« le comte et les autres barons, sans que l’on trouve« rien qui mérite d’être mentionné. » A la chute duroyaume d’Italie tout change, le mouvement succède àl’immobilité et, vers l’an mil, l’île est gouvernée par lecomte Arrighetlo bel Messere, d’après Grossa très-beau,très-bon et vraiment incomparable, car « il anoblit, dit« Grossa, plusieurs maisons de l’île, auparavant igno-« blés;» en d’autres termes, il constitue le peupleofficiel.

De plus, il établit de nouveaux juges. « Souvent,« poursuit le chroniqueur, il chevauchait dans l’île« en modérant, en corrigeant tous les inconvénients