326 LA RÉVOLUTION DES ÉVÊQUES
Capet, l’Espagne victorieuse de l'islamisme, les con-versions danoises, suédoises, hongroises, polonaises,prussiennes. Quand le pape aura triomphé, quand ledogat sera détruit, quand l'aristocratie romaine seraanéantie parles comtes de Toscolo, de GaleriaetdeSegni,par les hommes de l'Église et de l’empire, alors seule-ment la loi du progrès permettra que l’on entre dansl’ère des évêques : l’histoire idéale n'admet pas d’excep-tion.
Après le supplice de Crescentius, l'aristocratie ro-maine n’est pasencore domptéeet à la mort d’Othon IIIelle verse du poison dans la coupe du pontife, qui suc-combe; son successeur s’appelle Jean XVII, comme s’ilallait continuer Jean XVI, l’anti-pape de Crescentius ;mais ce malheureux ne lui ressemble que de nom, et ilne compte que cinq mois de pontificat; puis viennentquatre mois d’interrègne, etonnomme Jean XVIII, dontle nom promet encore un continuateur à Crescentius.Mais l’aristocratie citoyenne l’appelle Faisan et il abdiqueau bout de cinq ans, peut-être pour éviter le poison.En 1009, un nouveau pape Serge III rappelle Serge II,le premier pape citoyen de Rome, dans l’ère des rois;mais à son tour c’est un faux Serge qu’on méprise etqu’on surnomme Bouche de porc. Très-bien : les fai-sans , les porcs, les comtes triomphent, et à la mortde Serge III ce sont eux qui nomment Benoît VIII.Nous voilàendehors des homonymies citoyennes,Romen’est plus byzantine ; Benoît VIII est frère du comte deToscolo, le chef de la campagne, l’homme de l’empe-reur. Cette fois , on peut dire que Rome a son comte,dont la famille envahit le grand évêché de la villeéternelle , et c’est ici que commence la révolution desévêques.