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Tome premier.
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REACTION IJlPÉltlALE

milieu de traditions variées contradictoires, accidentées;expansifs en dépit de toutes les vieilles lois, y compriscelle de la donation de Charlemagne , vers 1053, ilsréveillent l’indignation de Rome et de l’Allemagne,qui ne les appellent plus les libérateurs des in-digènes 1 , mais des tyrans, des dévastateurs. Lechroniqueur allemand Herman Contrat les accused’impiété et d’usurpation. « S’étant fortifiés, dit-il, ils« écrasent les indigènes sous le poids de la guerre,« régnent en maîtres, enlèvent aux héritiers légitimes« les châteaux, les terres, les villages, les maisons, les« femmes, volent les églises et violent toutes les lois« divines et humaines, ne reconnaissant pas même en« paroles le droit de l’Eglise et de l’empire 2 . » Deshistoriens modernes trompés par ces accusations ontpensé qu’en effet les Normands, emportés par leursuccès, opprimaient follement les indigènes en con-quérant étrangers. Non, la voix seulede la réaction lesaccusait de tyrannie, et cette voix n’était nullementécoutée parle peuple. Argiro, l’unitaire deBari, lescombat; à ses yeux leur fédération est une invasionétrangère, « un joug inique. » Il pousse les comtes lon-gobards et les doges byzantins à en délivrer l’Italie, lesralliant à force de duplicité et d’intrigues à la réaction

1 « Crebro indigetes contra Græcorum et Saracenorum incur-« siones audacter præliando auxiliabantur. »

2 « Viribus adaucti indigetes bello premere cœperunt injustum« dominatuminvadere, haeredibus legitimis castella, prædia, villas,« domus , uxores quibuslibet vi auferre, res ecclesiasticas diri-« pere, postremo divina et huniana omnia jura confondere nec« jam-jam apostolico pontifici nec imperatori ne tantum verbo« tenus cedere. »