438 LA GUERRE DES INVESTITURES
tranchant dans le châteauSaint-Ange 1 . Quand il meurt,les consuls ne permettent pas qu’il soit enseveli dansla basilique de Saint-Pierre. Son successeur, Gelasell,de Gaëte, est enlevé le jour du sacre, par les Frangipanequi le poussent à coups de pied dans leurs maisons; onlui oppose l’anti-pape Burdin. Il faillit être enlevé deuxfois par les chefs de Rome : il s’exile, et à sa mort le partipontifical de Rome ne peut plus lui donner de succes-seur. C’est en France que l’on nomme le nouveau papeCallixtell, frère du comte de Bourgogne et oncle de lareine, qui arrive enfin à Rome, imposé par le mouve-ment général de l’Italie, aboutissant à ses conséquencesdernières. A quoi se réduit donc la domination dupape, depuis l’évolution des investitures? C’est le partiimpérial qui règne, qui emporte Rome et qui protègela liberté : la domination du pape n’est [dus qu’unenécessité suprême imposée par le monde c e et
par l’argent de l'Eglise qui donne du pain et des fêtes àla manière des empereurs païens, compensant sonpoids à force de bienfaits matériels. En d’autres termes,l’Eglise est une opposition ; elle ne peut disparaîtresans perdre la capitale, et elle est toujours condamnéeà céder, tandis que le parti régnant du peuple imposesa volonté au pontife, en le transformant sans cesse,sans pousser plus loin la victoire : car le pape, une fois
1 « Postea vero fideles dicti pontifici insimul comités scilicet« Petro Columpne ac lîaynaldo Senebaldi dum revocaverunt ilium« sed non fuit ausus manere in civitate. Cum festinatione perrexit« per Transliberim aput casleRum sancli Angeli et cepit pugnare« conira basilicarn Reati Pétri quia prefeelus cuin consules illam« relinebal, cum balisfis, cum machinis et fondibulariis quiao jam conjuraliones defecerant et Romani non erant in ea volun-« tate in qua antea fuerant. » (Ibid.)